Procrastination : Les solutions inédites pour s’en débarrasser définitivement

70% des étudiants se considèreraient comme des procrastinateurs (source). Ils n’ont pas l’impression de pouvoir se réguler pour travailler efficacement quand ils le souhaitent. Ils se retrouvent à tout repousser au lendemain en adoptant un comportement d’évitement irrationnel qui les éloigne du niveau de performance qu’ils souhaitent atteindre.
Si tout le monde est coupable de procrastination, est-ce si grave ?

Ce que j’ai trouvé n’a rien de rassurant.

A l’occasion d’une étude menée sur 22 053 actifs, les sondeurs ont constaté que les plus grands procrastinateurs avaient plus de probabilité d’être au chômage, et même quand ils avaient un métier, ils étaient moins bien payés. En se notant sur une échelle de 1 à 5 sur leur niveau de procrastination, une différence d’un point donnait un écart de 15 000$ de salaire annuel.

Niveau de procrastination sur une échelle de 1 à 5

Autrement dit, si je procrastine à un niveau de 3 et que vous ne repoussez que rarement vos tâches importantes et vous donnez la note de 1, vous gagnez probablement 30 000€ de plus que moi.

Mais arrêtons là les prises de conscience douloureuses.

On sait bien que notre tendance à repousser au lendemain est un frein pour notre vie… Il s’agit maintenant de comprendre les causes, ainsi que les solutions définitives à la procrastination.

Après 4 ans à accompagner des procrastinateurs, j’ai mis au point un système à l’efficacité radicale, basé sur la science et l’expérience pour arrêter de culpabiliser et se mettre au travail sans trainer.

Pour le mettre en place efficacement, commençons par voir quelles sont les réelles causes de la procrastination.

La cause méconnue de la procrastination

Quand on ne la qualifie pas de manque d’ambition ou de paresse, la procrastination est vue comme une maladie ou une fatalité. S’il est vrai que les médecins donnent parfois des causes médicales à la procrastination, nous ne l’étudierons pas dans cet article.

Mais alors, quelle est l’origine de la procrastination et peut on la soigner ?

Sans trop vous mettre l’eau à la bouche : OUI, on peut soigner la procrastination (sinon, je n’écrirais pas cet article), mais il faut avant tout en comprendre la cause réelle pour adopter des solutions adaptées.

Nous sommes en permanence écartelés par deux forces opposées :

  • Celle de nos désirs et de nos envies ;
  • Celle de nos peurs, obstacles et croyances limitantes.

Dire que l’une est positive alors que l’autre est négative serait une simplification, notre personnalité inconsciente a parfois de très bonnes raisons de nous faire procrastiner (pour nous garder d’un danger ou d’une aventure pour laquelle nous ne sommes pas prêts par exemple), mais nous nommerons la force de nos volontés et désirs la force positive et les peurs, croyances et obstacles la force négative.

On peut résumer la situation de la manière suivante :

Cause de la procrastination

Tant que la force positive n’est pas plus puissante que la force qui nous retient, nous n’avançons pas (nous sommes en train de procrastiner), et dès qu’elle prend l’avantage, nous nous mettons en mouvement.

A partir de ce schéma enfantin, on identifie deux causes à la procrastination :

  • A niveau de désir égal, une hausse des obstacles et croyances limitantes nous fait procrastiner ;
  • A niveau d’obstacle égal, une baisse de notre désir déclenche notre envie de repousser.

A nous de comprendre chacune de ces forces pour les utiliser à notre avantage et avoir toute la compréhension nécessaire pour vaincre la procrastination.

La procrastination est 100% rationnelle : les preuves

Avez-vous déjà voulu quelque chose tellement fort que vous ne pouviez plus vous empêcher d’y penser ?

Ça m’arrive régulièrement dans les périodes de rush dans lesquelles je ne pense plus qu’au chocolat qui m’attend au placard ou aux petits écoliers que je n’achète jamais pour ne pas être tenté…

Ça vous est certainement déjà arrivé en amour. Et peut-être aussi avant d’acheter votre dernier iphone.

Dans ces situations, pas question de repousser à demain, on serait prêt à gravir des montagnes pour avoir ce qu’on désir.

Ce qui est frustrant, c’est que ce n’est pas toujours le cas pour nos projets, même ceux qui sont les plus importants pour nous… Comment est-ce possible ?

Quand on regarde la procrastination, elle parait complètement irrationnelle… Comment pourrais-je prioriser un paquet de gâteau, par rapport à mes objectifs ?

Nous verrons d’abord l’instinct primaire qui guide tous nos choix avant d’expliquer les cas les plus typiques de procrastination.

Recherche du plaisir et fuite de la douleur : la cause rationnelle de la procrastination

Quel est l’instinct que nous avons en commun avec tous les animaux, du dauphin à la vache en passant par le blob fish ?

Celui de rechercher le plaisir et de fuir la douleur. Notre inconscient a pour fonction de nous aider à décider en fonction de ces paramètres. Il se demande à chaque instant : « Qu’est-ce que je gagne ? Qu’est-ce que je perds ? »

Nous sommes ainsi des machines à calculer du plaisir et choisissons la tâche qui, à cet instant, nous donnera le maximum de plaisir pour le minimum de douleur.

On comprend mieux le problème du chocolat qui passe devant nos objectifs… Il représente une grande source de plaisir facile d’accès (donc dénuée de douleur), qui comparée à l’effort d’atteindre notre objectif semble bien plus attirant.

C’est ainsi que le plaisir de court terme est régulièrement favorisé par nos mécanismes inconscients.

Autrement dit, la procrastination n’est pas une question de flemme, ni une question de manque d’ambition, c’est le résultat d’un choix rationnel entre plusieurs actions.

QUOI ?! Mais tu débloques complètement ! Tu veux dire que quand je passe trois heures sur youtube plutôt que d’avancer sur la stratégie de mon entreprise, je fais un choix « rationnel ».

La réponse, aussi surprenante qu’il y parait, est OUI. Et il est essentiel de le comprendre pour appliquer les conseils des parties suivantes.

Vous n’avez pas à culpabiliser pour votre procrastination. C’est simplement un choix rationnel compte tenu des informations dont votre personnalité inconsciente dispose.

La raison simple, mais difficile à croire qui vous pousse à procrastiner

Pour illustrer le paragraphe précédent, penchons nous sur certains types de tâches que nous connaissons (et repoussons) tous :

  • Les tâches obligatoires (qui ont une deadline)
  • Les projets personnels
  • Les choses qu’il « faudrait » faire et qu’on ne fait jamais
Exemple 1 : Les tâches obligatoires

Une tâche obligatoire est par essence soumise à une deadline ou date butoir. En effet, si je vous oblige à me payer 100 000€ d’ici les 300 prochaines années, ce n’est pas une obligation parce que je serai probablement mort et vous aussi.

Les tâches obligatoires sont variées et sont présentes dans tous les domaines de notre vie :

  • Le travail (projet à rendre, prestation à livrer, production à terminer)
  • Les études (exposés à faire, devoirs à rendre, partiels à préparer)
  • Les enfants (les inscrire à l’école, leur donner à manger, les coucher)
  • Le quotidien (faire les courses, sortir les poubelles, renouveler son abonnement fibre)

Le problème de chacune de nos obligations est qu’elles ne sont pas les seules activités que nous avons au quotidien. Ainsi, elles sont en compétition avec nos autres options. Tant que les autres options donnent plus de plaisir et moins de douleur, nous les préférons à ces tâches obligatoires et bingo, nous procrastinons. Dès qu’elles deviennent urgente, c’est le branlebas de combat, elles deviennent prioritaires et nous les finissons dans le stress, mais avec efficacité.

Leur profil de motivation est représenté sur ce graph :

procrastination date butoir

Certains de mes clients ont ce problème de motivation pendant des années avant de me consulter… Et il s’évapore au contact des méthodes dont nous allons parler dans la suite de l’article, dans la partie portant sur les solutions.

Exemple 2 : Les projets personnels

Le projet personnel, contrairement à l’action obligatoire n’a pas de date limite. Il commence généralement par une découverte enthousiasmante. On découvre un nouveau domaine et on se prend de passion pour celui-ci. Pendant quelques jours ou semaines, on lit tout ce qu’on peut trouver, on se renseigne au maximum.

Puis, le temps passant, cette dynamique s’essouffle. Nos autres priorités reviennent et on finit par abandonner.

Qui n’a jamais eu un projet de blog, d’entreprise ou de changement de vie qui tombe dans cette catégorie ?

Ici, la courbe de motivation est à l’inverse :

Courbe de motivation d'un projet personnel

Ici encore, nous nous pencherons sur les solutions pour accomplir ces tâches dans la seconde partie de l’article.

Exemple 3 : Les choses qu’il « faudrait » faire et qu’on en fait jamais

Vous savez, ces petites actions qui nous apporteraient tant de confort, mais qu’on ne se résout jamais à faire : reprendre l’allemand, apprendre un instrument de musique, se remettre au sport, etc.

Ici, la motivation est fluctuante, mais toujours insuffisante, si bien qu’on ne commence jamais vraiment.

Courbe de procrastination des taches qu'il faudrait faire

Peut-être qu’à ce stade, vous vous reconnaissez et vous dites que cet article commence à être un peu déprimant.

C’est la réaction habituelle à cette présentation qui explique dans des mots simples ce qu’on vit au quotidien, parfois depuis des années.

Il est également probable que vous ayez testé beaucoup de choses pour vous en sortir sans jamais que ça ne résolve le problème. Rassurez-vous, c’est tout à fait normal.

Dans la seconde partie, nous verrons que, contrairement à ce que certains répètent, vous n’avez pas besoin de plus de motivation, ni de volonté pour vous mettre en action, mais seulement d’un ingrédient que nous détaillerons ensemble.

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Procrastination : la cause dont personne ne vous parle

« L’ombre est quelque chose d’inférieur, de primitif, d’inadapté et de malencontreux, mais non d’absolument mauvais. » « Il n’y a pas de lumière sans ombre et pas de totalité psychique sans imperfection. La vie nécessite pour son épanouissement non pas de la perfection mais de la plénitude. Sans imperfection, il n’y a ni progression, ni ascension. » Carl JUNG

Le psychologue Carl JUNG nous indique ici que chacun de nous a une part d’ombre, et qu’il ne s’agit pas de la refouler. Au contraire, elle rend notre progression possible.

Notre inconscient est bien trop malin pour nous implanter des croyances et des habitudes qui ne servent à rien. Tous nos comportements, même les plus négatifs pour nous, prennent racine dans un besoin à combler ou un danger à fuir (toujours en suivant notre instinct primitif de recherche de plaisir et de fuite de la douleur).

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Malgré ces aspects positifs, toutes nos expériences nous créent des filtres.

Ainsi, nous ne voyons pas la réalité « telle qu’elle est », mais à travers les lunettes de notre expérience.
Si mes parents ont nourri du ressentiment vis-à-vis des cols blancs, des riches et des patrons, il est probable qu’à mon tour, j’ai un apriori négatif sur eux. J’interprèterai ainsi chacun de leur comportement en cherchant le négatif et le malhonnête. C’est ce que Kahneman appelle le biais de confirmation dans son livre Système 1 Système 2.

Vous vous demandez peut-être quel est le lien avec les causes de la procrastination ?

Si les croyances affectent notre vision des autres, elles affectent aussi la vision que nous avons de nous-même. Nous pouvons manquer d’assurance ou d’estime de soi, avoir peut de l’échec, être perfectionniste, anxieux et stressé, simplement à cause de nos croyances limitantes.
Nous pouvons à l’inverse nous voir confiant et puissant, prêt à tout réussir.

C’est une question de croyances.

En plus des obstacles externes à notre passage à l’action que nous analyserons dans le prochain paragraphe, nous observerons la part interne de nos croyances et conditionnements dans la section suivante.

Les causes externes de procrastination

Vous êtes vous déjà retrouvé dans un endroit où vous ne « pouviez pas travailler » ?

Chacun de nous a déjà vécu ces moments dans lesquels on souhaite travailler et notre environnement s’y oppose. Ça peut être le bruit infernal des travaux d’en bas, une fuite d’eau, des amis qui nous proposent de boire un coup la veille d’un rendu, etc.

Et puis certaines tâches sont également source de procrastination. Difficile de se mettre à un travail ennuyeux ou rébarbatif, autant repousser…

Il y a deux oppositions à comprendre pour maîtriser les obstacles externes :

  • Environnement vs enthousiasme
  • Challenge vs compétence
Votre enthousiasme vous empêche de procrastiner

Dans les moments les plus tendus de notre quotidien, un ouragan pourrait passer qu’on continuerait à travailler, alors qu’à d’autres moments, une simple pensée peut nous distraire.

En image :

Vaincre procrastination enthousiasme

: vous avez passé une bonne nuit de sommeil, un rayon de soleil illumine votre bureau, aucun souci ne trouble votre pensée, vous êtes concentré et avez envie d’avancer. Vous travaillez sans difficulté.

: vous êtes à deux semaines du concours de médecine, la pression est à son comble, il y a eu un décès dans votre famille. Malgré ces conditions difficiles, vous continuez à bosser.

: Il est temps de remplir votre déclaration d’impôt, mais il y a toujours une raison pour repousser. Même si votre environnement est quasiment idéal, vous ne parvenez pas à vous y mettre.

: Vous avez envie de programmer ce weekend en amoureux depuis un moment, vous savez que ça vous fera du bien, mais il y a sans arrêt des imprévus et vous ne parvenez pas à prendre le temps de programmer une date.

Par ces exemples, vous comprenez que vos obstacles extérieurs sont déterminés par (1) votre niveau d’enthousiasme et (2) la qualité de votre environnement.

Nous parlerons de l’enthousiasme dans la seconde partie et de la qualité de votre environnement dans un autre article, mais j’ai déjà envie de vous donner 2 conseils de base à ce sujet :

Quand on pense à l’environnement, on pense trop souvent à tout ce qui est extérieur et qu’on ne contrôle pas… Mais l’environnement de votre cerveau, c’est aussi votre corps. Chercher à maximiser votre énergie est donc essentiel pour mettre un terme à la procrastination. En priorité, ayez un sommeil de qualité. Préoccupez vous également de l’activité physique qui nous manque trop souvent, à force de journées passées au bureau, ainsi que de votre alimentation.

Qui a envie de s’ennuyer ?

Le manque de stimulation intellectuelle est une cause majeure de procrastination, de la même manière que le sentiment d’être submergé par la difficulté. Pour vous mettre dans les meilleures conditions, cherchez l’équilibre entre le niveau de difficulté de vos tâches et votre niveau de compétence. C’est l’équilibre décrit par le chercheur Mihaly Csikszentmihalyi dans son livre « FLOW ».

Tant que le niveau de challenge est adapté à vos compétences, vous vous épanouissez dans l’action. Dès que vous vous ennuyez ou vous sentez désemparé face à la difficulté, le découragement naît, l’envie de procrastiner apparaît.

Cherchez donc à adapter vos actions à votre niveau de compétence pour rester dans le canal optimal :

Action Flow anti procrastination

Maintenant que nous avons étudié les causes externes de procrastination, il est temps de voir ce qui se passe dans notre tête pour déclencher la procrastination.

Les causes de procrastination internes

Quand les éléments se déchainent contre nous, on comprend pourquoi on repousse au lendemain. En revanche, quand toutes les conditions nous semblent favorables, et qu’on n’arrive toujours pas à faire les tâches importantes, nous sommes dans l’incompréhension. La culpabilité nous mine, on a l’impression d’être nul et de mériter de tout rater.

Rassurez-vous, la plupart d’entre nous procrastinent sans aucune raison apparente. Pourtant, les causes sont bien là, sous la surface de notre conscience.

Nous avons parlé des peurs et des croyances limitantes, c’est ici qu’elles ont le plus d’impact.

Il faudrait un livre entier pour parler de ces saboteurs, donc nous irons à l’essentiel. Tous ces sujets sont traités plus en détail dans les emails que j’envoie chaque semaine aux abonnés. Si vous souhaitez drastiquement augmenter votre productivité pour casser vos plafonds de verre avoir le niveau de succès que vous méritez, inscrivez vous ici.

Source de procrastination n°1 : La peur de l’échec

Notre cerveau l’a bien compris. Pour ne pas échouer, la solution est de ne rien faire.

Mais pourquoi cette peur d’échouer ?

On pourrait décrire 1001 causes, mais elles reviennent toutes au même point : nous donnons une importance irrationnelle à la réussite.

Dans notre société, nous avons tendance à nous définir par ce que nous réussissons et à avoir honte de nos échecs. Dès lors, il n’est pas étonnant que nous attribuions une grande importance à la réussite. Le problème, c’est que la pression générée par l’envie de réussir nous paralyse.

Vous avez certainement déjà lu des dizaines de conseils pour ne plus avoir peur de l’échec. Je trouve que la plupart sont bidon et sont difficilement applicables en pratique.

Ce que je vous recommande ?

  • Variez les sources de reconnaissance : si votre seul moyen d’être reconnu est votre travail, il est naturel qu’un échec professionnel soit perçu par votre inconscient comme « très grave ». En revanche, si vous avez différents moyens de vous valoriser et de vous sentir utile, un échec dans l’un de ses domaines n’entame pas votre capacité globale à vous sentir important et utile.
  • Travaillez sur votre confiance en vous-même : la société de l’image nous pousse à nous identifier avec nos succès. Vous « valez ce que vous avez réussi ». Mais votre valeur est-elle conditionnée par vos réussites ? Si vous prenez un nouveau-né dans vos bras, a-t-il réussi quelque chose ? Est-il pour autant dénué de valeur ?
Source de procrastination n°2 : le perfectionnisme

Le perfectionnisme est basé sur la vision que nous avons de nos capacités. Nous ne voulons pas rendre un travail qui ne soit pas à la hauteur.

La procrastination a un rôle psychologique particulier pour les perfectionnistes puis-ce qu’il s’agit d’un moyen de protection de leur estime d’eux même.

En effet, la procrastination est une excuse parfaite de ne pas avoir donné son meilleur niveau. Même s’il ne le dit pas, le perfectionniste se rassure de la piètre qualité de son travail parce qu’il se convainc « qu’il vaut bien mieux que ça » et que « s’il n’avait pas trainé des pieds, il aurait été capable de faire bien mieux ».

Même conseil que pour la peur de l’échec, travaillez votre estime de vous-même, et nous verrons dans la seconde partie les manières d’apprendre à vous connaitre pour contrer notre perfectionnisme naturel.

Source de procrastination n°3 : la peur de la réussite

Je me suis toujours demandé comment on pouvait avoir peur de la réussite, jusqu’à ce que je comprenne que « peur de la réussite = peur d’être un enfoiré ».

En réalité, personne n’a peur de la réussite en tant que telle. Mais nous craignons les conséquences de la réussite.

Au début de l’article, nous avons parlé de parents qui détestaient les riches parce qu’ils les considéraient comme des salauds ou des voleurs. Leurs enfants, malgré tous leurs souhaits conscients n’auront jamais envie de devenir riche parce que ça implique, selon leur modèle du monde, qu’ils seront eux-mêmes des salauds. Ils procrastinent ainsi pour éviter cette étiquette.

Après l’énumération de ces causes, vous vous sentez peut être désemparé. Vous avez l’impression que la procrastination est encore plus grave que vous le pensiez. Rassurez vous, c’est la réaction de toutes les personnes à qui j’ai donné ces explications.

Mais vous imaginez bien que si les causes de la procrastination sont plus profondes que vous ne pouviez l’imaginer, il existe également des solutions dont vous n’avez jamais entendu parler qui font toute la différence.

Procrastination : les solutions définitives

Vous êtes certainement sceptique en abordant cette partie. Combien de fois vous a-t-on promis une solution à la procrastination pour des résultats décevants ?

Dans cet article, vous ne verrez pas les solutions que vous avez déjà lues 10 fois. Nous étudierons ensemble les solutions profondes pour régler le problème à la racine. Il peut néanmoins être intéressant d’avoir quelques techniques et astuces pour arrêter de procrastiner.

Il y a deux étapes fondamentales pour donner une solution définitive à la procrastination :

  • Se connaître
  • Comprendre la dynamique d’intérêt (je vous explique tout dans la suite de l’article)

Se connaître pour arrêter de remettre au lendemain

Après ce que nous avons vu sur les causes de la procrastination, nous comprenons que la lutte contre la procrastination n’est pas un sprint, mais un marathon. L’objet de cette section n’est pas de vous donner la solution pour moins procrastiner dès demain, mais de mettre en place ensemble les solutions de long terme qui font la plus grande différence.

« Se connaitre » est souvent décrit comme une solution universelle aux difficultés de développement personnel.

Le problème ?
On pourrait passer notre vie à « mieux se connaitre », sans jamais arriver au bout, ni accomplir quoi que ce soit. Nous utiliserons donc d’autres méthodes, bien plus concrètes, qui ciblent directement la procrastination pour mieux se connaitre utilement et en bénéficier concrètement.

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Voici les questions que je vous invite à vous poser et comment les analyser pour supprimer votre procrastination :

Quel est mon objectif ?

Le procrastinateur a souvent des centaines de choses à faire. Il est dispersé dans un grand nombre de projets. C’est ce qui lui donne cette impression de pédaler dans la semoule. Il se bat sur tellement de fronts en même temps qu’il ne progresse que très peu dans chacun d’eux. Sa frustration le mène à se questionner et à se sentir moins bon que les autres qu’il voit avancer bien plus rapidement.

Ici, la clé est la priorisation.

Il n’y a pas de problème à avoir plusieurs objectifs, mais il faut être conscient que chaque but supplémentaire diminue mes chances d’atteindre tous les autres et augmente mes opportunités de repousser au lendemain. Dans son livre Essentialism, Greg McKeown, illustre l’idée par ce schéma très parlant :

prioriser pour ne pas remettre à demain

L’autre avantage de connaitre votre objectif est la facilité avec laquelle vous pourrez prioriser. Par exemple, si vous êtes en études de droit et que vous souhaitez devenir un grand avocat à Paris, vous pourrez immédiatement distinguer la procrastination de l’action efficace :

  • Aller voir une conférence sur les plantes –> procrastination
  • Aller voir une conférence d’un grand avocat –>action utile
  • Réviser ses cours –>action utile
  • Prendre des cours d’éloquence –>action utile

L’idée n’est certainement pas de se transformer en robot qui ne fait que des choses utile, mais d’avoir conscience de ce qui est de la procrastination ou pas.

Il vous semble peut être enfantin de distinguer une action « procrastination » d’une action utile, mais ce n’est pas toujours si évident. Un de mes clients travaillait 11h par jour dont 4 heures sur la conception de vidéos youtube.
Pour un entrepreneur, cette action peut sembler utile dans un but marketing. Mais son objectif était d’augmenter les visites de son site internet pour lequel il n’écrivait quasiment plus d’articles.

Oui, créer des vidéos youtube serait utile, mais par rapport à son objectif et aux stratégies alternatives disponibles, c’était une hérésie.

Sans s’en rendre compte, mon client passait 4 heures par jour à procrastiner !

Pour le marin sans destination, il n’y a pas de vent favorable disait en substance Sénèque. Faites une liste de vos objectifs ordonnés par ordre de priorité pour y voir plus clair.

Découvrez votre profil de procrastinateur

On a tous nos préférences, nos petites manies et nos particularités. En sachant les mettre à profit, vous en ferez un avantage.

Je vous propose de répondre aux questions suivantes pour mieux connaitre votre profil de procrastinateur.

Remémorez vous 3 moments dans lesquels vous avez super bien avancé, sans même penser à procrastiner :

  • Quelle activité faisiez-vous ?
  • Où étiez-vous ?
  • Était-ce un jour particulier ?
  • Avec qui étiez-vous ?
  • Combien de temps aviez-vous dormi ?
  • Comment vous sentiez vous ? Pourquoi ?

Remémorez-vous, à l’inverse, 3 moments dans lesquels vous avez énormément procrastiné, si bien qu’il vous a été impossible de vous y mettre :

  • Quelle activité faisiez-vous ?
  • Où étiez-vous ?
  • Était-ce un jour particulier ?
  • Avec qui étiez-vous ?
  • Combien de temps aviez-vous dormi ?
  • Comment vous sentiez vous ? Pourquoi ?

Comparez ces deux types de moments :

  • Y a-t-il des points communs entre les moments positifs que ceux de procrastination n’ont pas ?
  • Quels sont les 4 points qui semblent le plus diminuer votre capacité d’action ?
  • Quels sont les 4 éléments que vous allez mettre en place pour que votre quotidien ressemble toujours plus à vos moments les plus efficaces ?

Vous pouvez effectuer cet exercice en une fois, ou bien sur une semaine complète pour détecter les vieilles habitudes qui rendent votre quotidien mou et inefficace.

Une fois ces réponses obtenues, faites-en une synthèse tenant sur un post it que vous aurez toujours à portée de main. Chaque jour, observez ce qui fonctionne ou pas et testez de nouvelles méthodes pour arrêter de procrastiner. Peu à peu, vous gagnerez en confiance et pourrez avancer de plus en plus rapidement sur vos projets importants. Vous serez fier de faire en une matinée ce qui vous prenait trois jours. Vous aurez la satisfaction d’avoir du temps pour vous et votre famille sans culpabiliser de ne pas être en train de bosser.

Casser la peur de faire des erreurs

Nous en avons parlé dans la première partie de l’article, la peur de se tromper prend racine dans le manque de confiance en nous que nous vivons tous. Personne n’est 100% sûr de lui (et tant mieux), mais ce n’est pas une raison pour repousser à demain. Pour ne pas alourdir cet article qui commence à battre des records de longueur, je vous donne rendez vous dans cet article au sujet de la confiance en soi pour y trouver tous mes meilleurs conseils.

Astuce bonus : mon outil préféré contre la procrastination

Je vous préviens, ça ne marche pas sur tout le monde, mais ça a changé ma vie, alors je voulais vous le partager.

En tant que lecteur assidu du blog, vous savez à quel point j’ai puisé de l’inspiration dans les traditions de la philosophie stoïcienne pour gagner en productivité et en tranquillité d’esprit.

C’est l’une de leurs pratiques que je veux vous partager : le memento mori.

Le memento mori est le fait de se souvenir que nous allons mourir. Non pas dans une optique glauque et stressante, mais pour mesurer la chance que nous avons d’être en vie et susciter l’envie d’en profiter au maximum. Pour cela, je me demande tous les jours : est-ce que j’aurais ce programme si je savais que j’allais mourir dans 3 ans ?

Bien souvent, certaines actions sautent, cette question me recentre sur l’essentiel.

C’est aussi une bonne manière de moins se soucier du regard des autres et de faire ce qu’on veut parce qu’au fond, si on meurt dans 3 ans, quelle importance que Gertrude et Marguerite pensent du mal de nous ?

Maintenant que nous avons étudié ces outils basés sur la connaissance de soi pour mettre un terme à la procrastination, il me reste à vous introduire au concept qui a donné une solution définitive à ma procrastination. Non pas que je sois maintenant immunisé contre la flemme, mais j’ai le privilège de pouvoir travailler presque autant que je veux, sans avoir envie de procrastiner, ni risquer le burnout parce que je comprends mes besoins et sais communiquer avec ma personnalité inconsciente pour avancer main dans la main avec elle.

La dynamique d’intérêts : antidote définitive à la procrastination

« Je ne comprends pas, je suis hyper efficace quand je suis dans l’urgence, mais il m’est impossible de me mettre au boulot à l’avance… C’est ma personnalité, je fonctionne comme ça. »

FAUX.

Combien de fois ai-je entendu cette phrase ?

Personne n’a la procrastination dans le sang.
Tout le monde à un problème avec une réalité : la dynamique d’intérêt.

Elle est évidente et dicte tous nos comportements, mais personne ne nous l’apprend.

La dynamique d’intérêt reprend simplement l’instinct primaire que nous avons décrit au début de cet article : la recherche du plaisir et la fuite de la douleur.

La solution à la procrastination est bien souvent de se rendre compte qu’en l’état actuel des choses, notre inconscient ne comprend pas l’intérêt d’agir.

Finalement, la dynamique d’intérêt peut être représentée comme suit :

antidote procrastination

Une fois ce concept intégré, toutes les portes vous sont ouvertes, vous comprendrez instantanément les situations bloquantes et pourrez les désamorcer.

Voici un exemple d’analyse de situations et comment réagir :

« Je procrastine à longueur de journée sur netflix et n’arrive pas à me mettre au travail.« 

Selon la dynamique d’intérêt, cela signifie que mon cerveau voit plus d’avantages à regarder des séries qu’à travailler sur mon projet d’entreprise.

Il convient d’analyser le ratio plaisir/douleur de chacune de ces activités :

Regarder une série Netflix :

PlaisirDouleur
Evite l’effort de travailler
M’évade de mon quotidien
Impression de vivre une aventure
Etc
Légère culpabilité de ne pas travailler

Travailler sur mon projet d’entreprise

PlaisirDouleur
Impression de me construire un futur
Montrer l’exemple à mes enfants
Création de revenus complémentaires
Je ne sais pas si ça va fonctionner : pas envie de travailler pour rien
J’ai l’impression de bosser non stop
Me prive de mon « petit plaisir » des séries que j’ai depuis des années
Etc

Poser un regard sincère sur notre quotidien est parfois difficile, mais indispensable pour contrer la procrastination. Une fois que vous aurez établi ces deux tableaux, il vous reste quatre missions :

  • Diminuer le plaisir ressenti de Netflix
  • Augmenter la douleur ressentie de regarder Netflix
  • Augmenter le plaisir ressenti de travailler sur votre projet
  • Diminuer la douleur ressentie de travailler sur votre projet

Pour cela, vous pourrez jouer sur différents leviers, notamment la visualisation et bien d’autres qu’on étudie en détail en accompagnement individuel.

Dans cette situation, quelques exemples seraient :

Pour diminuer le plaisir de netflix :

  • Rendre l’accès à Netflix plus difficile (avec un mot de passe très long qui n’est pas enregistré dans l’application par exemple. L’idée dest simplement de donner quelques instants à notre cerveau pour se demander si c’est vraiment ce qu’il veut faire.)
  • Retirer mon canapé de devant la télé : Netflix sur une chaise en bois, c’est nettement moins bien.

Pour augmenter la douleur ressentie de regarder Netflix :

  • Visualiser ma vie si je continue à être une larve sur mon canapé pendant 4h par jour
  • Rencontrer des amis qui ont les mêmes projets que moi et qui ne passent pas leur temps sur netflix.

Pour augmenter le plaisir ressenti de votre projet d’entreprise

  • Visualiser le futur que vous êtes en train de créer
  • Choisir un projet qui vous passionne vraiment
  • Prendre un coach pour avancer plus rapidement et avoir des résultats qui donnent le sourire

Pour diminuer la douleur ressentie lorsque vous travaillez sur votre entreprise :

  • Utiliser les meilleurs moments de travail de votre journée pour ce projet (cf partie précédente sur la connaissance de soi)
  • Programmer d’autres moments de plaisir qui ne soient pas des séries (quand on force trop, la procrastination est souvent un moyen pour l’inconscient de nous forcer à nous reposer. Choisir ses repos et les planifier est une bonne parade à cela.)

Ce que vous devez retenir de cette partie est que vos comportements sont toujours rationnels pour votre inconscient. Si vous n’agissez pas, c’est que la balance de douleurs et plaisirs n’est pas en votre faveur. Entrainez vous à la rééquilibrer et goutez à votre nouvelle productivité.

C’est maintenant à vous de jouer en appliquant les conseils de cet article. Si la productivité est votre sujet du moment et que vous voulez enfin utiliser votre potentiel, inscrivez vous au courrier hebdomadaire pour recevoir les dernières actualités et pépites de la productivité.

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